( 25 mai, 2007 )

Tome 4 : la sanction

La neige recouvrait Venise d’une blancheur un peu lourde. La place Saint Marc semblait un miroir immaculé. Le froid sévissait, et un vent glacial parcourait les rues.

Du palais des doges, monta la voix de Puccero.

- Vous êtes inefficace Gallardini. Je me demande pourquoi je vous garde à votre poste ?

- Je ne comprends pas Excellence. Je n’ai pas arrêté. Il y a beaucoup de délations qu’il faut vérifier. Tous mes hommes y travaillent et rendent des informations pertinentes pour la Sérénissime.

- Pas assez à mon goût. Et vous en êtes le responsable. Je veux des informations pas des ragots de commères. Vous n’avez plus votre place au palais ! Vous quitterez vos fonctions dès ce soir.

- Mais…Excellence…

 

Gallardini était estomaqué. Qu’arrivait-il à Puccero ?

Peu avenant à son égard, il lui octroyait toutefois sa confiance, à défaut de sa sympathie.

Écart de classe sociale.

Mais Gallardini n’avait pas démérité pour autant. Il en était persuadé. Il alla à son bureau.

Des piles de dossiers s’entassaient ça et là. Il n’avait eu le temps de tout noter, classer, vérifier, rapporter.

Était-ce la cause de son renvoi ?

Qu’importaient les dossiers.

On frappa à la porte. Sansino entra.

- Je viens d’apprendre votre départ.

- Renvoyé comme un malpropre ! Et je ne connais même pas mon successeur.

- Je viens d’être nommé par Puccero, dit Sansino.

Gallardini éclata de rire.

« Je saurai faire aussi bien que vous ! Enfin j’espère. »

- Sansino, cette histoire ne me plait pas. Je ne sais pas ce qui se trame mais j’en aurai l’explication.

- Mon talent est reconnu à sa juste valeur, voilà tout. Les feuilles tombent en automne. Vous aurez attendu l’hiver pour choir.

- Ne sois pas déçu si je suis sûr que ma chute sert les desseins supérieurs de certains personnages de la Sérénissime, Sansino.

- Vous aimez les allitérations, mais si ma réussite suscite des surprises, elle n’est due qu’à un sursaut de Puccero, qui s’est souvenu de ma sollicitude.

- Parle plutôt de soumission. Mais je compte sur toi pour m’aider à faire la lumière sur cette affaire.

- Ce bureau est en désordre. J’aimerais que vous y remédiez avant ce soir, dit Sansino en sortant.

- Sansino tu es naïf et idiot.

 

Gallardini resta seul, pensif.

« Tout cela n’est pas clair. Mais il me faudra rester prudent. »

§§§

 

Gallardini déambulait, songeur, dans les ruelles de Venise. La neige renvoyait un éclat  particulier aux palais. Une lumière laiteuse s’étendait sur la cité

Une jeune femme bouscula Gallardini.

- Hé bien, ne pourriez-vous faire attention ? S’exclama t’elle.

- Veuillez me pardonner mais c’est vous qui…

- Ça alors, il ne voit pas où il va et c’est de ma faute !

La jeune femme tourna les talons et poursuivit son chemin.

Instinctivement, Gallardini la suivit. Celle-ci se retourna une fois puis deux. Gallardini était toujours derrière ses pas.

Elle s’arrêta au pied d’un immeuble. Gallardini suivit. Un escalier un peu raide l’emmena au premier étage. La femme ouvrit la porte. Un lit, une table, une chaise, une bassine et un broc d’eau. Décor succinct.

- Entre, dit elle.

Peu de temps après, les cris et gémissements de la donzelle, emplissaient la pièce.

 

Gallardini, mal ajusté, redescendit les marches.

« Pas brillant, je devrais prendre du repos. »

Dans la chambre, par la porte restée entrouverte, une voix l’interpella.

- Hé ! C’est deux sequins !

 

§§§

 

la suite reste à lire… 

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